Anomalies
Sur Tamurt, certaines anomalies cosmiques et biologiques échappent totalement aux lois connues du système sitrien. Des variations inexpliquées du flux, des perturbations locales, ainsi que des modifications impossibles observées chez certaines formes de vie, semblent dépasser même le champ d’action des Hunis, pourtant considérés comme les intermédiaires naturels des forces structurantes de Vaïluvah.
Dans les régions les plus sensibles de la planète, ces phénomènes donnent l’impression d’une volonté propre, comme si Vaïluvah lui-même exerçait une intention diffuse à travers la matière, le temps et les flux. Certaines zones semblent “répondre”, s’ajuster ou résister, comme guidées par une logique qui dépasse toute compréhension scientifique. Cependant, sur Tamurt, personne ne reconnaît officiellement cette interprétation. Les mêmes événements sont réinterprétés selon les cultures et les croyances locales : pour certains, il s’agit d’un mauvais coup de Naïhuni, pour d’autres d’une bénédiction de Maïhuni, tandis que d’autres encore y voient des signes liés à leurs propres traditions personnelles.
Ainsi, les anomalies demeurent à la fois omniprésentes et profondément indéchiffrables, oscillant entre science, mythe et interprétation.
Yaqẓa
Le Yaqẓa désigne un éveil mental surnaturel, une mutation de la perception qui ouvre la psyché à des dimensions que l’esprit humain ordinaire ne peut atteindre. Il ne s’agit ni d’un art, ni d’une forme de flux ; c’est une transformation intrinsèque de la conscience qui perce la membrane fragile séparant l’esprit du monde invisible. Les individus affectés par cet éveil sont appelés Yaqiẓ. Leur esprit devient plus lucide et attentif, mais également plus vulnérable. Cette ouverture n’est pas contrôlable : elle s’impose à l’individu, parfois violemment, et peut affaiblir la raison. Aucun signe physique ne permet d’identifier un Yaqiẓ, si ce n’est son regard, souvent empreint d’une alerte constante, comme s’il percevait toujours plus que ce qui est visible.
L’éveil du Yaqẓa peut se produire de deux manières. Il peut être traumatique, déclenché par un choc émotionnel ou cognitif extrême qui force l’ouverture de l’esprit. Il peut également être lié à la neuroatypie, certaines structures mentales rendant la conscience plus perméable dès l’origine. Une fois éveillée, le Yaqẓa se manifeste naturellement et indépendamment de la volonté du Yaqiẓ. Les aptitudes psychiques émergent sans contrôle conscient, involontairement, parfois à des moments opportuns, mais le plus souvent de manière aléatoire. Ces manifestations restent très limitées et prennent la forme de capacités telles que la psychokinésie, télépathie, psychométrie, clairvoyance, précognition, ou projection astrale. La plupart des Yaqiẓ n’accèdent qu’à une ou deux de ces aptitudes ; dépasser trois est exceptionnel. L’intensité du Yaqẓa varie fortement entre individus et fluctue au cours de la vie. Un Yaqiẓ peut traverser des périodes de sensibilité extrême, durant lesquelles la perception s’étend, suivies de phases d’atténuation, où ses capacités sont presque dormantes..
Le véritable danger du Yaqẓa apparaît lorsqu’un individu tente de forcer l’utilisation volontaire de ces capacités. Contrairement aux manifestations naturelles, l’activation consciente détériorer la psyché, affecte le cerveau, et interfère directement avec le flux. Plus le Yaqẓa est utilisée délibérément, plus l’accès au flux se détériore, pouvant mener à une rupture complète. Les conséquences sont sévères : surcharge mentale, anxiété chronique, troubles du sommeil, hallucinations, dissociation, fragmentation de la perception de la réalité, épuisement psychique profond, et crises aiguës. Dans les cas extrêmes, cela peut entraîner des conditions durables comme la schizophrénie, la psychopathie, ou la maladie d’Alzheimer à long terme. Le Yaqẓa est donc considérée comme un phénomène neutre mais instable : un éveil qui illumine l’esprit sans demander permission et qui, lorsqu’on tente de le maîtriser, peut consommer ceux à qui il a été révélé.
Le terme Yaqẓa vient de l’arabe signifiant « éveil », tandis que Yaqiẓ signifie « éveillé ».



Sang Émeraude
Le Sang Émeraude désigne une condition rare et innée, présente chez certains individus dès la naissance. Il s’agit d’une altération profonde du flus : au lieu de rester invisible et potentiellement mobilisable par entraînement, le flus se matérialise directement dans le corps, remplaçant complètement le sang. Le système circulatoire classique est ainsi substitué par un réseau de flus physique circulant dans les veines. Cette substance est plus fluide et moins visqueuse que le sang humain, et se distingue par une couleur vert émeraude vive, immédiatement reconnaissable. Cette altération est également visible dans les yeux, dont les iris adoptent la même teinte émeraude.
Les effets du Sang Émeraude sont radicaux. Les porteurs sont entièrement incapables d’utiliser le flux : aucune manipulation consciente de l’énergie n’est possible. En échange, leur corps atteint naturellement un niveau physique surhumain, sans entraînement ni effort volontaire. Leur force dépasse les limites humaines, leur robustesse rivalise avec des métaux pare-balles, leur vitesse dépasse les seuils biologiques normaux, et tous leurs sens sont extrêmement aiguisés. Leur métabolisme est optimisé, la récupération est accélérée, et leur durée de vie est significativement prolongée. Bien qu’un flus physique coule dans leurs veines, leur déconnexion du flux les empêche de le percevoir ; en contrepartie, elle les protège de ses effets directs. Cette condition représente une forme d’évolution physique extrême, transformant l’humain en prédateur naturel, parfaitement adapté à la survie et au combat. Pour cette raison, ils sont communément appelés « porteurs de Sang Émeraude », un terme reflétant la tension entre incapacité énergétique et supériorité physique écrasante.



Tuznae
Les tuznaes désignent une marque-anomalie extrêmement rare de Tamurt, du mot hunnique tuzna signifiant « transmission ». Un tuznae n’est pas une chose en soi, mais une inscription symbolique noire, semblable à un tatouage, apparaissant sur une matière, un objet ou un être vivant. Cette marque est toujours reconnaissable par son style constant, bien qu’aucun motif n’ait jamais pu être entièrement déchiffré. Les scientifiques de Tamurt y ont identifié des fragments de langage hunnique et tutlayt, sans en comprendre la logique.
La chose portant la marque est appelée hôte, ou hôte de tuznae. L’hôte peut être de nature totalement variable : aliment, objet manufacturé, ressource, organisme vivant, ou même structure artificielle. Dans certains cas extrêmes, même des objets inanimés complexes peuvent devenir hôtes d’un tuznae. Mais un hôte de tuznae ne manifeste aucune propriété particulière de cette emblème dont il est maqué.
Cependant, chaque tuznae contient une capacité dormante, parfois appelée potentiel de transmission. Lorsqu’un hôte est consommé ou assimilé par un individu compatible, cet individu devient un assimilateur. L’assimilation peut prendre de multiples formes (ingestion, contact prolongé, absorption matérielle ou biologique), tant que le tuznae “reconnaît” le processus comme valide.
Si la transmission réussit, l’assimilateur hérite de la capacité contenue dans le tuznae. Dans certains cas, cette capacité reste inactive pendant quelques semaines, jusqu'à son assimilation complète, transformant alors l’individu en utilisateur de tuznae, c’est-à-dire un assimilateur ayant éveillé et stabilisé la capacité héritée.
Les tuznaes semblent posséder une forme d’intention propre ou de sélection active. Certains individus tentant d’assimiler un hôte marqué ne reçoivent rien, sans explication apparente. Dans ces cas, la marque peut persister sur l’objet ou l’organisme, ou disparaître temporairement avant de réapparaître ailleurs dans l’environnement, comme si le tuznae refusait l’assimilation.
Les scientifiques de Tamurt ont tenté de regrouper les tuznaes selon une classification fonctionnelle inspirée d’anciens systèmes d’étude des anomalies du flux. Cette classification ne reflète pas leur fonctionnement réel, mais uniquement les effets similaire observés chez les utilisateurs.
Similisi
Le type similisi accorde aux utilisateurs une capacité « surhumaine », en modifiant leur corps ou donnant la capacité de modifié son environnement. Ces derniers contiennent également la plus grande variété de pouvoirs, pouvant sembler un peu "fourre-tout" : les vitaesi permettent de se transformer en animaux, les naturalis en éléments naturels, mais les similisi, eux, ont des pouvoirs très divers et surprenants. Ceux-ci peuvent être exploités et manipulés de bien des façons, la diversité d'attaques ou les stratégies dépendant fortement de l'utilisateur lui-même. C'est le type le plus commun des tuznaes, et il se scinde en trois catégorie.
Modifications corporelles
Le corps adopte les propriétés d'une matière (le caoutchouc, l'acier, le diamant, etc.) ou d'un objet (les ciseaux, les ressorts, etc.), ou bien se voit attribuer une capacité spéciale (la fragmentation, l'invisibilité, etc.). Certains tuznaes modifient de façon permanente la composition corporelle de l'assimilateur.
Contrôle de l'environnement
Modifier son environnement ou ce qu’il touche, en appliquant des effets anormaux sur les objets, les êtres vivants ou des zones entières. Ils peuvent ainsi ralentir, déplacer, transformer, rendre invisible ou altérer les propriétés des choses (ombres, objets, corps, etc.).
Créations de substances
La possibilité de produire des matières spécifiques (fils, biscuits, poison, copies de parties du corps, etc.) ou même des substances artificielles aux propriétés uniques, impossibles dans la nature. Certains génèrent aussi des forces immatérielles comme la gravité ou des ondes de choc.
Viteasi
Vitasi est le nom donné à un type de tuznaes permettant à son utilisateur de se transformer en être vivant, animal, plante ou en une créature hybride à volonté, ou de manière permanent, sans retour en arrière possible. Les vitaesi se divisent en deux grands types selon la nature de la transformation qu’ils provoquent après assimilation.
Les vitaesi réels permettent de se transformer en formes de vie existantes sur Tamurt : animaux, plantes ou organismes réels.
Les vitaesi fictifs, eux, correspondent aux espèces disparues, inconnues ou présentes uniquement dans les légendes de Tamurt. Leurs capacités dépassent souvent les lois biologiques observées et semblent suivre une logique symbolique plutôt que naturelle.
Ces vitaesi fictifs alimentent une hypothèse majeure chez les scientifiques : ils pourraient être liés au Panthéon des Âmes.
Naturali
Le type naturali accorde le pouvoir de produire, devenir et contrôler à volonté un élément naturel (. Les attaques physiques normales deviennent inopérantes : les balles, armes, coups de poings, de pieds, etc. passent à travers leur corps. Sans flux, impossible de les toucher, excepté dans le cas de naturali constitués d'éléments solides comme la pierre. Les tuznaes de type naturali sont considérés comme étant les plus puissants ainsi que les plus rares. Un utilisateur combattant face à un élément contraire au sien sera désavantagé.



Halos
Les Halos désignent une anomalie métaphysique extrêmement rare, associée à une forme d’élévation que ni les sciences du flux, ni les traditions hunniques ne parviennent à expliquer. Contrairement aux autres anomalies connues de Tamurt, le Halo ne modifie pas directement le corps, l’esprit ou la matière : il semble plutôt altérer la relation même entre un individu et le monde qui l’entoure. Les personnes affectées par ce phénomène sont parfois appelées saints, bien qu’aucun terme officiel ne fasse réellement consensus.
L’anomalie se manifeste par l’apparition d’une structure de couleur immatérielle suspendue au-dessus de la tête du porteur, semblable à une couronne déformée composée de longues pointes lumineuses reliées entre elles par une matière instable rappelant à la fois le verre, le sang et la lumière. La présence d’un Halo s’accompagne presque systématiquement d’une sensation de pression diffuse dans l’environnement immédiat. Contrairement aux manifestations classiques du flux, les effets du Halo ne suivent aucune logique identifiable. Des blessures peuvent disparaître spontanément tandis que des matières inertes se déforment sans cause physique apparente.
Ces phénomènes demeurent cependant impossibles à étudier de manière fiable, les témoignages se contredisant constamment. Plusieurs récits anciens décrivent des difficultés à retranscrire précisément les événements ayant eu lieu autour de lui, comme si le phénomène perturbait directement la perception humaine.
L’origine des Halos reste entièrement inconnue. Aucun rituel, aucune manipulation du flux ni aucune intervention hunnique n’a jamais permis de provoquer ou de reproduire le phénomène. Les historiens estiment que seuls deux cas authentiques auraient existé dans toute l’histoire connue de Tamurt, quelque part entre −3 760 et −2 800 avant l’Aluy.
Le premier serait lié à une sorcière, dont l’identité réelle a été perdue depuis des siècles. Les rares textes encore exploitables la décrivent comme une femme bannie du Haut-Royaume de Darvallon après avoir refusé de servir le royaume et d’endosser sa mission dite « divine » que Sainte Karmen acceptera plus tard. Autour de sa tête se manifestait un halo noir aux reflets pourpre pâle. Plusieurs récits affirment que certaines zones semblaient réagir à sa simple présence, tandis que des êtres vivants développaient des comportements anormaux à son contact.
Le second cas concerne Karmen Yamane, plus tard connue sous le nom de Sainte Karmen, ancienne chevalière du Haut-Royaume de Darvallon avant la chute de celui-ci aux alentours de −2 600 avant l’Aluy. Bien avant l’expansion de l’hunnisme, Karmen fut déjà considérée comme une figure sacrée par la religion monothéiste dominante de Darvallon après la manifestation de son Halo. Les chroniques survivantes décrivent l’apparition soudaine d’une couronne rouge immobile au-dessus de sa tête, accompagnée d’une sensation de calme irréel et d’une pression atmosphérique anormal et massive autour d'elle.
Avec le temps, l’hunnisme réinterpréta les Halos comme une possible bénédiction des Hunis, faisant de Sainte Karmen une figure religieuse majeure. Pourtant, aucune preuve ne permet de confirmer cette hypothèse. Certains peuples y voient une manifestation sacrée des Hunis, d’autres un signe divin lié à leurs propres doctrines religieuses, tandis que quelques érudits les considèrent simplement comme une forme inconnue de perturbation du flux. Ainsi, malgré les siècles, les Halos demeurent avant tout un phénomène profondément indéchiffrable, oscillant entre mythe, foi et spéculation.
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